L’UE fait marche arri ?re sur l’APE

lundi 9 août 2010,par Jean Bosco Nzosaba

Le commissaire européen du commerce Karel de Gucht a apaisé de grandes organisations européennes de la société civile à propos des négociations d’un accord de partenariat économique (APE) en Afrique australe, en promettant de ne pas exercer une pression excessive sur les pays. D’après Marc Maes, responsable de la politique commerciale chez 11.11.11, l’initiative montre la lassitude de l’Europe à l’égard de l’APE. 11.11.11, le mouvement flamand Nord-Sud qui lutte contre la pauvreté, a protesté contre le traitement de la Namibie par la Commission européenne. « L’UE n’a pas l’intention d’exercer une pression excessive sur la Namibie dans le but de l’amener à signer et à mettre en œuvre l’APE provisoire  », écrivait De Gucht dans une réponse à une lettre du 18 juin émanant de 30 organisations européennes influentes de la société civile (OSC). Les négociations d’un APE traînent depuis 2002, lorsque l’accord de Cotonou a redéfini les relations commerciales entre l’UE et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) conformément aux directives de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans leur lettre, les OSC affirment que les Européens exercent une forte pression sur la Namibie pour qu’elle progresse dans les négociations au détriment de ses objectifs de développement. « La signature d’un APE provisoire aurait un sérieux impact sur le développement agricole et industriel de la Namibie. Entre autres conséquences, le pays devrait abandonner l’option politique d’utiliser les taxes à l’exportation sur les matières premières, un stimulant important pour la valeur ajoutée des matières premières et une nouvelle source de revenus potentiellement importante  », font observer les OSC. Dans sa réponse, M. de Gucht a tenté d’apaiser leur inquiétude et a déclaré : « L’UE continuera à s’engager auprès de la Namibie et de l’ensemble du groupe des APE / CDAA dans un esprit aussi constructif que dans le passé. L’objectif est de négocier un accord qui servira au mieux les intérêts de la région  ». La CDAA est la Communauté de développement de l’Afrique australe. Le commissaire a souligné en outre les avantages d’un accès libre de droits et de tarifs pour les pays de la région. Mais d’après M. Maes, on commence à réaliser en Europe que les négociations devront être terminées avant le troisième sommet Afrique - UE qui se tiendra en novembre 2010 en Libye.

 

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