Controverses autour du fonctionnement du forum de dialogue permanent des partis politiques

mercredi 22 décembre 2010,par Jean Bosco Nzosaba

Certains leaders des formations politiques burundaises ne s’en cachent pas : le forum de dialogue permanent des partis politiques au Burundi ne carbure pas à plein régime. Le vice-président du Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU), M. Frédéric Bamvuginyumvira rappelle que le forum est la résultante du cadre de dialogue initiée depuis 2008 par le gouvernement et les Nations-Unies. Pour M. Bamvuginyumvira, le forum serait mal parti déjà lors de la mise en place de son bureau avec en toile de fonds la manipulation du parti au pouvoir en direction des partis politiques « dérivés  » des grandes organisations politiques. C’est notamment le FRODEBU-Nyakuri, les FNL de Jacques Kenese et les FNL d’Emmanuel Miburo. Le forum ne fonctionne pas parce qu’il manque des repères juridiques comme un règlement d’ordre intérieur. Au regard de sa formation politique, le fait que le secrétariat du forum soit logé au ministère de l’Intérieur, dépouille cette structure politique de toute neutralité et indépendance. Il lui est aussi reproché « d’avoir brillé  » par l’absence lors de la crise politique née du « contentieux  » postélectoral consécutivement au boycott des scrutins ayant suivi les communales du 24 mai dernier par les formations politiques se réclamant de l’opposition. Par ailleurs, le forum est dirigé par un policier, alors que déontologiquement parlant, les policiers ne sont pas membres des organisations politiques. Pour restaurer la confiance dans le forum, a-t-il suggéré, il faudrait mettre en place une « organisation neutre  » pour débattre sur tous ces problèmes. Le FRODEBU considère en définitive que pour remédier à cette situation, il faudrait rédiger un règlement d’ordre intérieur issu d’un consensus politique, mettre à la direction du Bureau du forum une personnalité politique de l’opposition pour rassurer son indépendance vis-à-vis du gouvernement et supprimer la tutelle que le ministère de l’Intérieur exerce sur le secrétariat du forum. De son côté, le député Bonaventure Niyoyankana, président de l’Union pour le progrès national (UPRONA), indique que les acteurs politiques burundais devraient examiner leur conscience pour essayer de trouver un modus vivendi entre eux-mêmes. Pour lui, le problème est que d’une part, l’Alliance des démocrates pour le changement (ADC), coalition des partis d’opposition pendant les élections, n’a plus d’existence légale après les élections. D’autre part, a-t-il ajouté, aussi longtemps que le forum ne veut pas accepter l’ADC en tant que tel, elle contestera le forum des partis politiques à titre de réplique. Pour le président de l’UPRONA, la voie de sortie de cet enlisement politique est que les partis politiques se présentent au forum en tant que tels et non sous forme de coalition rejetée présentement par le ministère de l’Intérieur qui a le droit de regard sur leur fonctionnement. Pour le président du forum permanent de dialogue des partis politiques, M. Melchiade Nzopfabarushe, le forum est ouvert à toutes les sensibilités politiques, à savoir les formations politiques représentées dans les institutions et celles qui sont en dehors.

 

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