CONTROVERSE AUTOUR DE LA PRIVATISATION DE LA FILI ?RE CAF ? AU BURUNDI

mardi 24 mai 2011,par Jean Bosco Nzosaba

Le Burundi tire 80% de ses recettes d’exportation du café qui constitue la principale source de revenus pour près de 750 000 familles, soit près de 55% de la population burundaise. Les 145 stations de dépulpage et de lavage du café (SDL) ainsi que les 4 usines de démarchage constituent le principal tissu industriel du pays.

Le café est longtemps resté contrôlé par l’Etat qui a décidé en 2005 d’en transférer la propriété aux caféiculteurs représentés par la CNAC. Le prix au producteur s’améliore sensiblement à partir de cette date jusqu’aujourd’hui Mais la Banque Mondiale par différents forcings - conditionnalités pour l’aide budgétaire ou pour les programmes de gratuité des soins de santé des enfants de moins de cinq ans - oblige le gouvernement à privatiser la filière en vendant le tissu industriel à des groupes étrangers. L’appel d’offres est lancé en 2009 et le Groupe suisse WEBCOR se voit attribué 13 SDL au prix dérisoire de 80.000 dollars la station et en violation des lois sur la privatisation au Burundi. WEBCOR a choisi dès sa première année de payer les paysans 40% moins cher que les autres acteurs et la région où est implantée cette entreprise est aujourd’hui au bord de l’implosion.

Malgré différentes protestations de la CNAC : Lettres aux plus hautes autorités de l’Etat, action en justice, émissions radio, ateliers où les responsables promettent d’engager le dialogue avec les caféiculteurs, le Gouvernement sur pression de la Banque mondiale se prépare à lancer un nouvel appel d’offres sans tenir compte de l’avis des caféiculteurs et des échecs de la première phase de privatisation (le prix le plus bas du reste des acteurs).

La CNAC et ses partenaires appellent le soutien des décideurs politiques, des personnalités académiques et des organisations de la société civile pour que la voix des paysans soit prise en compte.

Les producteurs revendiquent notamment :

♣ Le gel du second appel d’offre pour la vente des stations aux multinationales extérieures, tant que les acteurs concernés ne se sont pas concertés quant à la meilleure stratégie de privatisation à mettre en œuvre.

♣ Que la Banque mondiale revoie les conditions de soumission aux appels d’offre, qui excluent de fait les caféiculteurs burundais, non seulement du processus de décision, mais aussi de l’acquisition de stations.

♣ Que l’Etat burundais et ses partenaires reconnaissent la propriété des stations aux caféiculteurs, qui les ont remboursées via la taxe prélevée par l’Etat sur leur café

♣ La CNAC appelle également de ses vœux une stratégie alternative de la part de l’Etat burundais et de la Banque mondiale qui permettrait de dégager des moyens pour appuyer les paysans pour améliorer la productivité de la filière.

♣ La révision de la stratégie actuelle de privatisation pour intégrer toutes leurs préoccupations Nous vous invitons à soutenir les caféiculteurs burundais dans leurs revendications en adhérant à l’appel ci-joint par signer la pétition sur le site web de la CNAC www.cnacburundi.com.

Il sera prochainement transmis aux autorités burundaises ainsi qu’aux responsables concernés à la Banque Mondiale.

Vous pourrez aussi trouver un dossier plus complet sur les sites internet ci-après

 : www.solsoc.be ; www.ired.org et www.adiscoburundi.org.

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